Les étrangers et l’Épiphanie
À L’Épiphanie nous célébrons la venue des rois mages à la crèche. Mais qui étaient-ils vraiment? Est-ce que la présence de ces étrangers venus de loin peut nous aider à comprendre la réalité des migrants d’aujourd’hui?
Bonjour, bienvenue à Question de croire, un podcast qui s'intéresse à la foi et à la spiritualité une question à la fois. Cette semaine, quel est le lien entre l'Épiphanie et les étrangers? Bonjour. Bonjour, Joan, bonjour à toutes les personnes à l'écoute.
Les traditions culinaires de l’Épiphanie
[Joan] Moi, j'aimerais commencer déjà par une petite mise au point sur le charbon, qui a beaucoup à voir avec “los reyes”, avec les rois, comme on dit en Espagne. C’est en fait une petite alternative au cadeau, c'est-à-dire que pendant longtemps, on a menacé les enfants, s’ils n'étaient pas sages, au lieu de recevoir par exemple une mandarine, ils recevraient du charbon.
C’est assez marrant parce que je pense que le charbon, pendant longtemps, c'était quand même quelque chose qui était très utile avant l'électricité.
Donc finalement, au fur et à mesure, on a transformé la menace du charbon en une confiserie. C'est une confiserie qui est fabriquée en Espagne avec sucre, eau, blanc d'œuf, et puis évidemment, du colorant alimentaire noir ou bien du charbon végétal et qui est offerte un peu tout le temps.
[Stéphane] À l'Épiphanie, il y a la galette des Rois. De tradition dans ma famille, ce n'est pas vraiment une galette, c'est plus un gâteau.
Je me souviens que ma mère mettait une fève et la personne qui trouvait la fève dans sa portion de gâteau était le roi ou la reine de la journée. Je me souviens même d'une année où personne n’a trouvé la fève. On l’a avalé tout rond. Ça a laissé les gens un peu perplexes.
C'est quelque chose qui est resté dans la tradition ici, cette galette, ce gâteau des Rois.
L’Épiphanie en Espagne
[Joan] Oh, mais au fait, Stéphane, on est dans la nouvelle année! Stéphane, bonne année!
[Stéphane] Ben oui, bonne année, bonne année à tout le monde!
[Joan] C'est vrai qu'au début de l'année, avec toutes ces traditions, une fois au hasard du calendrier scolaire, je me suis retrouvée en Espagne alors qu'on était en train de préparer la venue des reyes.
Normalement, non, parce que souvent, si j'allais en Espagne, c'était après le Noël papa-maman, mes parents étaient divorcés, on passait toujours Noël ensemble. Les rares fois où j'ai pu aller rejoindre la famille espagnole, c'était forcément autour du 26, puis il fallait rentrer vers le 2. Et puis les cavalcades, elles commencent le 3, le 4.
Et il y a eu une année comme ça, géniale, où j'ai pu voir les cavalcades qui préparent en fait la venue des rois. Alors ça, ça tombe souvent le 6. Souvent c'est plus ou moins autour de la rentrée scolaire. Je ne crois pas que je l'ai vécu en Espagne.
Mais j'ai pu vivre en fait ce qu'on appelle les géants, gigantes, et puis les grosses têtes, les cabezudos. Alors ça, c'est marrant, ces personnages: ils ont une énorme tête, tu vois, les grosses grosses têtes et ils défilent pour annoncer la venue des rois mages.
Mais tu vois, en même temps, maintenant que je travaille dans la migration, d'ailleurs je suis très heureuse d'avoir ce ministère, je ne peux pas m'empêcher de me poser, de regarder ça et de me dire, mais qu'est-ce que c'est que toute cette allégresse populaire qui se réjouit, qui prépare même la venue de ces étranges étrangers venus apporter des cadeaux, alors qu'on sait qu'il y a un repli identitaire dingue en Europe et puis en Suisse aussi.
Finalement, à 45 ans maintenant, on s'est dit, mais waouh! Comment ça se fait qu'on arrive à faire cohabiter les deux?
Les rois mages, de bons étrangers
[Stéphane] Parfois, j'ai l'impression qu'on a naturalisé ces personnes-là, dans le sens que, oui, ce sont des étrangers, mais ce sont de bons étrangers. Et, un peu cyniquement, je pourrais dire, ils repartent une fois qu'ils ont terminé ce qu'ils avaient à faire.
C'


Balado
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